En Vienne, 145 salariés voient leur usine fermer en 2028

En Vienne, 145 salariés voient leur usine fermer en 2028

Entre un rachat record et des fermetures, le quotidien des salariés bascule

À Chasseneuil-du-Poitou, dans la Vienne, 145 salariés savent désormais que leur usine fermera en mars 2028. L’annonce s’accompagne d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Elle s’inscrit dans la vaste réorganisation des sites industriels français du groupe Schneider Electric, alors même que l’entreprise vient d’inscrire à son bilan la plus grosse acquisition de son histoire.

C’est ce rachat, annoncé lundi, qui bouleverse l’échelle du groupe. Schneider Electric a finalisé l’acquisition de l’américain PTC, spécialisé dans les logiciels destinés aux industriels, pour environ 22,6 milliards de dollars, soit 20,2 milliards d’euros. Fondée à Boston en 1985, PTC anticipe un chiffre d’affaires de 2,5 milliards de dollars cette année. L’opération, évoquée par une source peu avant son annonce officielle, valorise les capitaux propres de PTC à environ 22,6 milliards de dollars et sa valeur d’entreprise à 23,7 milliards de dollars, au prix de 205 dollars par action, soit 183 euros. La finalisation est prévue d’ici au troisième trimestre 2027.

Dans son communiqué, le fabricant français d’équipements électriques explique vouloir créer, grâce à ce rachat, “une plateforme de logiciels industriels et d’intelligence artificielle de premier plan”. Le groupe table sur 250 millions d’euros de synergies de coûts annuels, reposant sur un plan d’exécution identifié et devant être atteints d’ici trois ans, ainsi que sur environ 800 millions d’euros de synergies de revenus. Cette opération s’ajoute à une autre: en juin dernier, Schneider Electric avait déjà annoncé la signature d’un accord pour acquérir Cognite pour 3,1 milliards de dollars.

Derrière ces mouvements se dessine une dynamique portée par la course à l’intelligence artificielle. La très forte demande énergétique des centres de données a fait grimper l’action de Schneider Electric de près de 30% cette année, portant sa capitalisation à 175 milliards d’euros. Le groupe est désormais la troisième plus grosse entreprise française.

C’est dans ce contexte de croissance que s’inscrit pourtant la réorganisation industrielle en France, présentée par l’entreprise comme un moyen de “renforcer sa compétitivité”. En Normandie, la logique est celle du regroupement. Schneider Electric prévoit de rassembler en un seul site, situé à Évreux, les activités de production et de recherche et développement aujourd’hui réparties entre trois communes voisines de l’Eure. Sont concernés le site de Beaumont-le-Roger, où travaillent 287 personnes, celui du Vaudreuil, qui emploie 294 salariés, et celui de Pacy-sur-Eure, qui compte 166 employés. Pour accueillir ces activités dans la préfecture de l’Eure, le groupe veut investir plus de 150 millions d’euros et y installer un bâtiment de 40.000 m2.

Pour les équipes concernées, l’avenir se dessine donc sur deux temporalités très différentes. Dans l’Eure, un investissement massif laisse entrevoir un site concentré et modernisé, même si le groupe n’a pas détaillé dans ce communiqué le devenir individuel des 747 salariés des trois sites concernés. Dans la Vienne, en revanche, l’horizon est plus sombre pour les 145 employés de Chasseneuil-du-Poitou, dont l’usine fermera dans un peu plus de deux ans.

Le contraste entre ces deux trajectoires illustre la situation d’un groupe au sommet de sa valorisation boursière, capable de débourser plus de 20 milliards de dollars pour s’offrir un éditeur de logiciels américain, tout en réorganisant son outil industriel hexagonal au nom de la compétitivité. Entre les promesses de synergies à trois chiffres en millions d’euros et les emplois supprimés dans une usine de la Vienne, les personnes qui font vivre ces sites attendent désormais de voir comment cette ambition se traduira concrètement sur le terrain.

Questions-réponses

Que signifie la fermeture annoncée pour les salariés de Chasseneuil-du-Poitou ?

Les 145 employés de l'usine de Chasseneuil-du-Poitou, dans la Vienne, savent désormais que leur site fermera en mars 2028. L'annonce s'accompagne d'un plan de sauvegarde de l'emploi, et leur horizon apparaît plus sombre que celui des équipes normandes.

Que deviennent les sites de l'Eure dans la réorganisation ?

Schneider Electric prévoit de rassembler en un seul site à Évreux les activités de production et de recherche et développement réparties entre Beaumont-le-Roger (287 personnes), le Vaudreuil (294 salariés) et Pacy-sur-Eure (166 employés), soit 747 salariés dont le devenir individuel n'a pas été détaillé.

Quel est le montant et l'objet du rachat de PTC ?

Schneider Electric a finalisé l'acquisition de PTC, spécialisé dans les logiciels destinés aux industriels, pour environ 22,6 milliards de dollars (20,2 milliards d'euros), au prix de 205 dollars par action. La finalisation est prévue d'ici au troisième trimestre 2027.

Quelles synergies le groupe attend-il de ces opérations ?

Le groupe table sur 250 millions d'euros de synergies de coûts annuels d'ici trois ans et environ 800 millions d'euros de synergies de revenus, visant à créer une plateforme de logiciels industriels et d'intelligence artificielle de premier plan.