Économie bleue à Maurice : 5 actions clés pour mettre fin à la pêche illicite

Économie bleue à Maurice : 5 actions clés pour mettre fin à la pêche illicite

L'agenda Blue Economy Mauritius est aujourd'hui au cœur des politiques nationales, le gouvernement réaffirmant son engagement à lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INDNR). Lors du récent dialogue informel entre la Direction générale des affaires maritimes et de la pêche de l'Union européenne (EU-DG MARE) et le ministère de l'Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l'Économie bleue et de la Pêche, tenu à Port-Louis du 7 au 11 juillet 2025, Maurice a présenté une nouvelle stratégie ambitieuse pour protéger ses ressources marines.

Cette initiative Blue Economy Mauritius va bien au-delà de la durabilité — elle touche à la souveraineté, à la sécurité alimentaire et à la résilience économique à long terme des nations insulaires face aux changements climatiques et à la surpêche.

Pour en savoir plus sur la gouvernance mondiale des océans, consultez la Conférence des Nations unies sur les océans.

Pourquoi l'économie bleue est essentielle pour Maurice

Une nation bâtie sur ses ressources océaniques

Pour Maurice, l'océan est bien plus qu'un simple décor — c'est le fondement de son économie, de sa culture et de sa survie. Le cadre Blue Economy Mauritius reconnaît que plus de 97 % du territoire national est maritime, ce qui fait de la gestion durable des océans une priorité nationale.

Des secteurs clés comme la pêche, le tourisme, le transport maritime et les énergies renouvelables dépendent tous d'écosystèmes marins en bonne santé. La pêche INDNR menace non seulement les stocks de poissons, mais aussi les moyens de subsistance des communautés côtières ainsi que l'intégrité des récifs coralliens et de la biodiversité marine.

Selon un rapport de 2024 de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (*source ici*), jusqu'à 30 % des poissons pêchés dans l'ouest de l'océan Indien le seraient illégalement — une perte considérable pour les petites économies insulaires comme Maurice.

De la vision à l'action

La vision Blue Economy Mauritius a d'abord été lancée pour diversifier l'économie au-delà du tourisme et du textile. Elle vise à exploiter le potentiel de la biotechnologie marine, de l'éolien offshore, de l'aquaculture et de l'exploration minière en eaux profondes — le tout dans le respect de garanties environnementales strictes.

Mais sans application effective contre la pêche illicite, cette vision ne pourra se concrétiser. C'est pourquoi le gouvernement actuel fait de la surveillance maritime, de la coopération régionale et de la réforme juridique les piliers de la stratégie bleue nationale.

Sur notre hub Blue Economy Africa, nous analysons comment les nations côtières transforment les défis océaniques en opportunités.

Cinq actions urgentes annoncées en 2025

Action n° 1 : Un réseau de surveillance maritime renforcé

L'un des résultats les plus significatifs du dialogue Blue Economy Mauritius est l'annonce d'un nouveau système intégré de surveillance maritime. Ce réseau combinera surveillance par satellite, stations radar et drones de patrouille pour détecter en temps réel les navires suspects.

Le système sera géré par le Mauritius Oceanography Institute (MOI) en collaboration avec des partenaires régionaux comme la Commission de l'océan Indien (COI). Les données seront partagées avec l'UE et INTERPOL pour soutenir les enquêtes transfrontalières.

« Nous ne pouvons plus nous permettre des angles morts en mer », a déclaré le ministre de la Pêche. « Cette technologie servira de répulsif pour les opérateurs illicites. »

Une deuxième mesure clé du plan Blue Economy Mauritius est la révision des lois nationales pour imposer des sanctions plus sévères en cas de pêche INDNR. La nouvelle législation permettra des amendes plus lourdes, la confiscation des embarcations et la poursuite pénale des équipages étrangers pris en flagrant délit de braconnage dans les eaux mauriciennes.

Le gouvernement met également en place un tribunal maritime spécialisé pour accélérer les procès et réduire les délais de poursuites — une faille fréquemment exploitée par les pêcheurs illicites.

Action n° 3 : Coopération régionale avec les nations de l'océan Indien

Conscient que la pêche INDNR est une menace transnationale, Maurice prend la tête des efforts de renforcement de la coordination régionale. L'initiative Blue Economy Mauritius prévoit des patrouilles conjointes avec les Seychelles, Madagascar et les Comores, ainsi que des accords d'échange de renseignements.

Le Pacte sur la pêche dans l'océan Indien, dont la signature est attendue fin 2025, formalisera ces engagements et créera un mécanisme de réponse unifié.

Action n° 4 : Renforcement des capacités des communautés de pêcheurs locaux

La pêche durable ne peut réussir sans le soutien des pêcheurs locaux. Dans le cadre de la stratégie Blue Economy Mauritius, le gouvernement lance un programme de surveillance communautaire.

Les pêcheurs seront formés pour signaler les activités illicites via une application mobile et recevront des incitations pour le respect des pratiques durables. Les pêcheurs artisanaux bénéficieront également d'un accès prioritaire aux zones de pêche réservées aux embarcations artisanales.

Action n° 5 : Partenariat avec l'UE pour la transparence et la réforme

Le dialogue en cours avec EU-DG MARE est une pierre angulaire du programme de réforme Blue Economy Mauritius. L'UE a proposé un soutien technique, des financements et des programmes de renforcement des capacités pour aider Maurice à respecter les normes internationales en matière de pêche.

Cette coopération vise à éviter un avertissement « carton jaune » — une sanction commerciale qui pourrait restreindre les exportations de produits de la mer vers l'Europe, un marché vital pour les produits halieutiques mauriciens.

Réactions locales et internationales

Soutien local et campagnes de sensibilisation

La sensibilisation du public est un volet essentiel de la campagne Blue Economy Mauritius. Le gouvernement a lancé une campagne médiatique nationale à travers la télévision, la radio et les réseaux sociaux pour informer les citoyens sur les dangers de la pêche INDNR.

Les écoles intègrent l'éducation à l'océan dans leurs programmes, et des ONG organisent des nettoyages de plages et des ateliers pour les jeunes sur la conservation marine.

« L'océan nous nourrit, nous protège et définit qui nous sommes », a dit un pêcheur de Grand Baie. « Nous devons le protéger pour nos enfants. »

Reconnaissance internationale et perspectives d'avenir

Les organisations internationales ont salué la position proactive de Maurice. Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a cité le modèle Blue Economy Mauritius comme un exemple potentiel pour d'autres petits États insulaires en développement (PEID).

Avec des investissements soutenus et une volonté politique ferme, Maurice pourrait devenir un leader régional en matière de gouvernance durable des océans — prouvant que croissance économique et protection de l'environnement peuvent aller de pair.

Source de l'article : https://allafrica.com