Une caissière de 27 ans, mère d’une petite fille de deux ans, se bat encore pour se remettre d’une blessure qui a bouleversé sa vie et celle de son quartier. Habitante de Rose-Hill, à l’Île Maurice, elle a été grièvement touchée à la mâchoire et à la nuque par le tir d’un policier, ce vendredi 9 octobre, alors qu’elle rentrait chez elle dans une fourgonnette transportant plusieurs employés. Depuis, la colère a gagné les rues de l’île.
Selon le média en ligne Clicanoo, qui couvre l’actualité de l’océan Indien, tout s’est joué en quelques secondes dans le quartier de Camp-le-Vieux. Un policier aurait sorti son arme à feu, pointé le conducteur du véhicule et l’aurait menacé. La balle a atteint la jeune femme au niveau de la nuque et de la mâchoire. Transportée d’urgence à l’hôpital dans un état critique, elle a été opérée ce lundi et placée en soins intensifs.
Pour sa famille et ses proches, les nouvelles des dernières heures apportent un soulagement mesuré. Le ministre de la Santé, Anil Bachoo, qui lui a rendu visite, a indiqué qu’elle est consciente et a ouvert les yeux, précisant que l’opération était un succès, rapporte Top FM Mauritius. Une équipe de treize spécialistes indiens a été dépêchée sur place pour épauler les médecins locaux dans la prise en charge de la victime.
Sur le terrain, l’émotion a rapidement tourné à la colère. Ce lundi 12 octobre, en soirée, des manifestations ont éclaté dans plusieurs quartiers de l’île pour dénoncer ce que les habitants qualifient de “bavure” présumée. Des dizaines de Mauriciens ont installé des barrages, perturbant la vie quotidienne de tout un quartier puis de tout un territoire. Plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés et devraient être déférés devant la justice ce mardi.
La contestation s’est nourrie d’un malaise social plus large, sur fond de difficultés d’approvisionnement en eau qui pèsent déjà sur le quotidien des habitants. La tension a provoqué la paralysie partielle du réseau de transport et la fermeture des établissements scolaires, bouleversant les routines de familles entières, des trajets domicile-travail aux journées des écoliers.
La situation est toutefois revenue au calme, selon le quotidien l’Express de Maurice, qui cite un message adressé à la population: “La police informe également la population, y compris les usagers des transports en commun, que les déplacements peuvent se poursuivre normalement, que ce soit pour des raisons professionnelles ou autres.” Néanmoins, les autorités ont annoncé que les services de bus seront arrêtés à 18h à travers toute l’île, une mesure qui continue de contraindre les déplacements des habitants, en particulier ceux qui dépendent des transports en commun pour se rendre au travail.
Du côté des responsables, une enquête a été ouverte et les trois policiers présents dans le quartier de Camp-Levieux ont été suspendus. Le tireur présumé, un sergent, est poursuivi pour “usage d’une arme à feu à des fins d’intimidation” et “possession d’une arme à feu avec l’intention de mettre une vie en danger”, précise IonNews. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a assuré que la vérité sera faite sur les circonstances du drame, une promesse attendue par les habitants du quartier où la jeune femme a été touchée.
Dans ce climat tendu, la Haute Commission britannique à Port-Louis a appelé ses ressortissants à la prudence et les a invités à éviter les manifestations et les grands rassemblements. Pour les habitants de Rose-Hill et des quartiers voisins, l’essentiel reste désormais l’état de santé de cette mère de famille, dont le sort a soudé une communauté dans l’attente de réponses. Pour plus de détails, voir la couverture de référence: https://information.tv5monde.com/international/ile-maurice-manifestations-et-nuit-de-violences-apres-le-tir-dun-policier-sur-une-femme-grievement-blessee-2841419