Coup de genou sur un manifestant : l'IGPN saisie

Coup de genou sur un manifestant : l'IGPN saisie

Une double enquête, pénale et administrative, lancée en moins de 24 heures

Une enquête judiciaire pour “violence par personne dépositaire de l’autorité publique” a été ouverte ce vendredi 9 octobre par le parquet de Paris, après le violent coup de genou porté la veille par un policier des compagnies d’intervention (CI) à un manifestant, lors d’une interpellation sur la place de la Bastille. L’affaire a été confiée à l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), selon les informations de BFMTV.

Moins de 24 heures après les faits, la justice s’est emparée du dossier. À côté de cette procédure pénale, la préfecture de police de Paris a déjà ouvert une enquête administrative, qui visera à établir ou non des sanctions disciplinaires. Le parquet, lui, a engagé une enquête de nature pénale, a appris BFMTV de source judiciaire.

Les images filmées jeudi et diffusées sur les réseaux sociaux montrent un attroupement de manifestants entourés de forces de l’ordre, qui emmènent l’un d’entre eux. Celui-ci reçoit alors un coup de genou dans le visage de la part d’un policier spécialisé dans le maintien de l’ordre. Le manifestant est ensuite plaqué au sol et menotté.

Les faits se sont produits à la fin de la manifestation, au moment de la dispersion, alors que les forces de l’ordre tentaient de pousser les manifestants vers le boulevard Diderot, en direction de la place de la Nation.

Contactée par BFMTV, la préfecture de police affirmait que “tout l’après-midi les forces de l’ordre ont été visées par une minorité d’individus extrêmement violents. Concernant cette action, une enquête administrative sera diligentée”.

Ce nouveau dossier porte à au moins 21 le nombre d’enquêtes confiées à l’IGPN depuis le début du mouvement lycéen. Jean-Didier Berger, du ministère délégué auprès du ministre de l’Intérieur, affirmait ce jeudi midi sur BFMTV que “20 enquêtes” avaient déjà été ouvertes par la police des polices depuis le début du mouvement. “Seulement, j’ai envie de dire, compte tenu du nombre d’interventions qui sont faites par les policiers et gendarmes”, abondait-il. Selon les informations de BFMTV, cinq de ces enquêtes ont été ouvertes par le parquet de Paris.

La mobilisation des lycéens, qui réclament notamment de meilleures conditions d’apprentissage, était en baisse jeudi par rapport à mardi, jour où les manifestations en France avaient rassemblé entre 256.000 et 450.000 personnes. Au total, 71.500 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 24.500 à Paris. Selon le ministère de l’Intérieur, 504 interpellations ont été réalisées dans la capitale et 48 policiers et gendarmes ont été blessés.

La rapidité avec laquelle le parquet de Paris a saisi l’IGPN, à peine un jour après les faits, illustre la pression judiciaire qui entoure désormais les interventions des forces de l’ordre dans le cadre de ce mouvement social. La double procédure engage deux types de responsabilités distinctes: l’une pénale, dont l’issue peut aller jusqu’à des poursuites contre le policier concerné, l’autre disciplinaire, qui relève de la préfecture de police et peut déboucher sur des sanctions internes.

Pour l’institution policière, ces enquêtes successives, désormais au nombre d’au moins 21 depuis le début du mouvement, représentent un coût de contrôle et de supervision qui s’ajoute au dispositif de maintien de l’ordre déployé semaine après semaine, entre effectifs mobilisés, blessés dans les rangs et interpellations massives. La question reste ouverte de savoir si ce rythme d’enquêtes, doublé de la baisse de la mobilisation, conduira à redéfinir le dispositif déployé dans les prochains jours.

Questions-réponses

Quelle procédure a été engagée après le coup de genou filmé place de la Bastille ?

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violence par personne dépositaire de l'autorité publique et confié le dossier à l'Inspection générale de la Police nationale (IGPN), selon les informations de BFMTV.

Quelles sont les deux procédures distinctes en cours ?

Deux responsabilités distinctes sont engagées : l'une pénale, pilotée par le parquet, qui peut aller jusqu'à des poursuites contre le policier concerné, l'autre disciplinaire, relevant de la préfecture de police, qui peut déboucher sur des sanctions internes.

Combien d'enquêtes l'IGPN a-t-elle reçues depuis le début du mouvement ?

Au moins 21 enquêtes ont été confiées à l'IGPN depuis le début du mouvement lycéen, dont cinq ouvertes par le parquet de Paris, selon les informations de BFMTV.

Quelle était l'ampleur de la mobilisation jeudi ?

71.500 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 24.500 à Paris, contre 256.000 à 450.000 personnes mardi. Le ministère de l'Intérieur recense 504 interpellations dans la capitale et 48 policiers et gendarmes blessés.