Environ 3.000 personnes vivaient depuis deux mois sur la plage de Trampolin, à Ceuta, dans des tentes et des abris de fortune. Dimanche, la police espagnole a mis fin à ce campement improvisé. Les migrants ont été transférés vers des hébergements temporaires, où ils seront pris en charge ou pourront retourner au Maroc, selon un porte-parole du ministère espagnol de l’Intérieur interrogé dimanche par Reuters.
L’évacuation intervient plus d’une semaine avant la visite prévue du roi Felipe VI et de la reine Letizia dans cette enclave espagnole d’Afrique du Nord, a indiqué le gouvernement espagnol. Le couple royal est attendu les 13 et 14 octobre à Ceuta et à Melilla.
Derrière ce déplacement se cache une situation qui pèse lourdement sur le quotidien des habitants de l’enclave. Fin juillet, Ceuta avait connu une grave crise migratoire. Les 30 et 31 juillet, plus de 72.000 migrants en provenance du Maroc avaient afflué dans le territoire. Les autorités marocaines et espagnoles avaient alors fait état d’une centaine de morts, majoritairement par noyade.
Depuis, la plupart des candidats à l’exil ont regagné le Maroc. Mais au moins 10.000 migrants sont restés dans l’enclave. Leur présence provoque violences et tensions avec la population locale, et rend la vie difficile pour les résidents comme pour les personnes déplacées elles-mêmes.
Pour les occupants de la plage de Trampolin, l’évacuation de dimanche marque la fin d’une existence précaire de plusieurs semaines sous la tente, et le début d’une nouvelle étape, entre prise en charge dans des structures temporaires et possibilité de rentrer au Maroc. Reste à savoir ce que cette opération changera concrètement pour les habitants de l’enclave, dont les relations avec les migrants restent marquées par des tensions persistantes depuis la crise de fin juillet.
(avec Reuters, Graham Keeley, version française Benoit Van Overstraeten)