L’audience devait marquer un tournant dans le procès de la “petite martyre de l’A10”. Ce jeudi 4 novembre, elle s’est achevée de manière brutale pour ceux qui la vivent au premier rang. La mère de la petite Inass, âgée de 72 ans et accusée d’actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner, a fait un malaise juste après la diffusion en cour d’images du corps supplicié de sa fille. Lourdement tombée au sol, elle a dû être prise en charge par les pompiers, et la présidente a suspendu l’audience, définitivement pour la journée.
C’est au moment où la professeure Pauline Saint-Martin, médecin légiste, présentait depuis la barre les résultats de ses dernières expertises pratiquées sur le corps de l’enfant que ces photographies ont été projetées. Devant une cour médusée, la légiste avait commencé à décrire, de manière méticuleuse, l’ensemble des sévices physiques qu’Inass a subis durant sa courte vie et juste avant sa mort.
Ce que la mère de la victime a entendu avant de s’écrouler est d’une précision qui glace. “Il y a tous les types de lésions connues sur le corps de la victime”, a assuré la professeure Saint-Martin. Un schéma d’un corps d’enfant, annoté de toutes les lésions retrouvées, a rapidement illustré ses propos. Le constat est terrible: aucune “zone anatomique” n’a été épargnée. Au total, la médecin dénombre sept fractures et une vingtaine de morsures d’adultes. “On a une association de lésions qui sont les plus douloureuses”, précise-t-elle.
Face à cette énumération, la présidente a cherché à obtenir la réponse à la question qui brûle les lèvres de nombreuses personnes présentes dans la salle d’audience: de quoi est morte Inass? La légiste avance que la fillette a succombé à un “syndrome asphyxique, d’un manque de sang à cause de l’hémorragie externe et d’une santé très fragile”. Des hémorragies chroniques liées en partie à une mutilation commise par morsure. Cette expertise contredit l’hypothèse d’un décès brutal consécutif à une chute dans les escaliers. La médecin légiste parle d’une véritable “période d’agonie”.
Pour les proches et les personnes qui suivent ce dossier, l’après-midi restera marquée par la chute de l’accusée. Après l’intervention des pompiers, la présidente n’a eu d’autre choix que d’interrompre les débats pour la journée. Le procès se poursuit donc dans le flou, tant les suites du programme restent incertaines en raison de l’état de santé de la mère de la victime. Ce jeudi devait pourtant ouvrir une étape attendue: le début des auditions des parties civiles, celles-là mêmes qui devaient venir témoigner, à leur manière, de ce que cette affaire a bouleversé. Pourront-elles enfin prendre la parole, et quand? Rien n’est moins sûr.