Le Café de Chamarel, unique plantation de café de Maurice, s’apprête à franchir un cap opérationnel : l’entreprise agrandit ses surfaces et ajuste sa production en vue de sa première participation à la 9e édition de la CIIE, la grande exposition chinoise dédiée aux importations.
Implantée dans le sud-ouest de l’île, dans le district de Rivière Noire, au cœur du géoparc de la Terre des Sept Couleurs de Chamarel, la plantation couvre aujourd’hui approximativement 16 hectares. Elle bénéficie de conditions favorables à la culture des caféiers : humidité, douceur de l’ensoleillement et richesse minérale des sols, qui contribuent à donner aux grains des arômes riches et équilibrés.
Côté capacités, les chiffres restent modestes. L’entreprise dispose chaque année d’à peu près une tonne de café transformé destinée à l’exportation, a indiqué Thomas Lehoux, directeur du développement des activités café du Café de Chamarel. Près de quatre hectares supplémentaires ont toutefois été plantés en caféiers cette année. La production devrait ainsi augmenter dans deux à trois ans, de quoi répondre à une éventuelle hausse de la demande, notamment en Chine, que la participation à la CIIE pourrait précipiter.
Sur le plan produit, la plantation cultive principalement deux variétés aux profils aromatiques distincts. L’Arabica dégage des notes fraîches de citron et de bergamote, tandis que le Liberica, variété relativement rare sur le marché mondial, révèle de riches arômes de fruits tropicaux, notamment de litchi et de mangue, accompagnés d’une note fumée caractéristique. M. Lehoux présentera ces deux variétés lors de l’exposition.
La transformation constitue un autre marqueur opérationnel de l’entreprise. Contrairement aux pays africains traditionnellement producteurs, Maurice n’est pas un grand producteur de café, et le Café de Chamarel est la seule marque du pays à cultiver du café localement et à fabriquer ses produits à partir de ses propres grains. Les grains sont entièrement transformés à la main, ce qui confère aux produits un profil aromatique distinctif par rapport aux cafés issus d’autres régions productrices. A l’instar du vin, le café tire une grande partie de son caractère de son origine, de ses arômes et de sa qualité, a expliqué M. Lehoux.
Pour ce directeur, la CIIE constitue une plateforme idéale pour tisser des liens commerciaux concrets. “Nous aimerions faire découvrir au marché chinois un café d’exception, rare et typiquement mauricien”, a-t-il déclaré. Il espère entrer en contact avec des importateurs chinois de café et établir des relations commerciales avec des restaurants haut de gamme, des cafés spécialisés et des torréfacteurs. Au-delà de la recherche de débouchés, il souhaite également mieux comprendre les besoins et les préférences des consommateurs chinois, en échangeant avec eux ainsi qu’avec des professionnels du secteur afin de cerner leurs préférences en matière d’arômes, leurs habitudes de consommation et leurs attentes concernant le positionnement des produits. Ces échanges devraient lui permettre d’affiner les plans de culture et de production de l’entreprise et de développer des produits mieux adaptés au marché chinois.
Fort d’environ 20 ans d’expérience dans la production de café, M. Lehoux se rendra toutefois en Chine pour la première fois et découvrira la CIIE à cette occasion. Il a constaté que la consommation de café en Chine avait progressé ces dernières années, parallèlement à un intérêt croissant pour les variétés de grains, les profils aromatiques et les zones d’origine, autant de tendances susceptibles d’ouvrir de nouvelles perspectives au café mauricien. Bien que sa capacité de production reste limitée, l’entreprise mise sur la singularité de son offre pour séduire des consommateurs soucieux de qualité et désireux de découvrir des cafés issus de régions productrices moins connues. “Je pense qu’il peut y avoir un véritable lien entre un petit producteur comme nous, installé sur une petite île, et un grand marché comme la Chine”, a indiqué M. Lehoux.
En parallèle, le Café de Chamarel développe des produits dérivés, dont des bougies parfumées au café, des parfums et des tasses, afin de diversifier ses activités au-delà de la seule production de café.
Ce pas vers la Chine s’inscrit dans une coopération économique et commerciale déjà éprouvée entre les deux pays. Maurice est le premier pays africain à avoir signé un accord de libre-échange avec la Chine, et la Chine demeure depuis plusieurs années consécutives son premier partenaire commercial et sa principale source d’importations. Les produits sucriers mauriciens ont été présentés lors de plusieurs éditions de la CIIE, illustrant l’intérêt de l’île pour accéder au marché chinois. Avec le café et d’autres nouveaux produits attendus à cette 9e édition, les deux pays disposeront de nouvelles perspectives pour approfondir leur coopération commerciale et accroître les exportations mauriciennes vers la Chine.
Xinhua/VNA/CVN