Bat’Karé a porté La Réunion au Kréol Fest 2026 de New York
Du 9 au 11 octobre 2026, à Brooklyn, un groupe de Réunionnais a fait entendre la voix de leur île devant un public venu des quatre coins du monde créolophone. Bat karé, média réunionnais, représentait La Réunion à la troisième édition du Kreol Fest, un rendez-vous annuel qui célèbre les cultures créoles du monde entier.
Pour les Réunionnais présents sur place, l’enjeu était simple : raconter une île encore peu connue au-delà de l’océan Indien. Le public new-yorkais a ainsi découvert, à travers une mini-exposition itinérante consacrée aux langues créoles, un gros plan sur La Réunion, accompagné d’animations autour des expressions réunionnaises. Deux intentions guidaient ce choix : offrir une porte d’entrée accessible sur l’île, et montrer qu’elle s’inscrit dans une histoire et un mouvement globaux, ceux des langues créoles qui, qu’elles aient des racines françaises, anglaises, portugaises ou espagnoles, sont nombreuses à travers le monde.
L’événement, organisé par la musicienne réunionnaise Natie, a pris cette année une dimension particulière. Pour la première fois, il était hébergé au sein du MoCADA (Museum of Contemporary African Diasporan Arts), au cœur du quartier animé de Brooklyn. Artistes, penseurs et acteurs culturels venus de différentes zones créolophones y partageaient la même scène, invitant le public à explorer la richesse et la diversité des cultures créoles, nées de l’histoire coloniale et des migrations forcées.
Aux côtés des Créoles des Caraïbes, de l’océan Indien et d’ailleurs, Bat karé ne s’est pas contenté d’exposer. Un atelier collaboratif mené avec le Haitian Kreyol Institute a mis en lumière les divergences et les points communs entre les deux créoles, ouvrant la réflexion sur ce qui pourrait rassembler les locuteurs créolophones plutôt que les diviser.
C’est précisément cette question que le média a posée à plusieurs conférenciers, artistes et intervenants issus de différentes cultures créoles. Chacun y a répondu fort de son expertise et de son expérience, qu’il soit linguiste, artiste visuel, danseur, entrepreneur ou anthropologue. Ces réponses seront diffusées sur les canaux du média réunionnais dans les prochaines semaines, prolongeant le dialogue au-delà de l’événement.
En explorant la notion de créolité dans un tel cadre, Bat karé cherche à rester à l’écoute et à ouvrir le dialogue, non seulement entre Réunionnais, mais avec le monde entier. Une ambition qui, de Brooklyn à Saint-Denis, rappelle que les langues créoles, loin d’être des reliques du passé, vivent et se parlent aujourd’hui sur plusieurs continents. Reste à voir ce que ces échanges feront germer, une fois les réponses publiées, dans les conversations créoles à venir.