Maroc : un exécutif de 32 membres face à l'échéance du 20 octobre

Maroc : un exécutif de 32 membres face à l'échéance du 20 octobre

Budget 2027 : le calendrier d'exécution commence dès la première semaine

Maroc: un exécutif de 32 membres prêt à se mettre au travail, avec une échéance budgétaire dès le 20 octobre

La nouvelle équipe gouvernementale marocaine, composée de 32 membres dont sept femmes, est désormais officiellement en place. Sa composition a été annoncée depuis Rabat, où le roi Mohammed VI a nommé les ministres sur proposition de la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri. Il aura fallu un peu plus de deux semaines de consultations politiques après les élections législatives du 23 septembre pour parvenir à cette formation, qui compte également onze ministres délégués. L’exécutif devra rapidement passer de la constitution à l’action: il dispose d’une échéance ferme, le dépôt du projet de loi de finances 2027 au bureau de la Chambre des représentants avant le 20 octobre.

Sur les images diffusées par la télévision nationale marocaine, les ministres ont été appelés les uns après les autres devant le roi, en costumes noirs et cravates, avant une prestation de serment collective au palais royal de Rabat. Ce protocole a scellé la mise en place opérationnelle d’une équipe qui, consciente du calendrier qui l’attend, devra sans délai s’organiser en commissions et préparer le premier grand test de mise en œuvre de son mandat: la loi de finances.

La cheffe du gouvernement a mené ce chantier de composition depuis sa nomination par le souverain, le 29 septembre dernier. Fatima Ezzahra El Mansouri a multiplié les consultations avec les partis politiques afin de constituer une majorité et de préparer l’architecture du nouvel exécutif. Ce travail de construction de coalition se reflète dans la répartition des portefeuilles: le Parti authenticité et modernité (PAM), arrivé en tête des législatives du 23 septembre avec 97 sièges remportés, avait annoncé lundi avoir conclu un accord avec trois formations, l’Istiqlal (droite), l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS).

Le PAM obtient dix postes ministériels, contre six pour l’Istiqlal, cinq pour l’USFP et trois pour le PPS. Les autres membres du gouvernement n’ont aucune affiliation partisane. La coalition totalise 207 sièges à la Chambre des représentants, ce qui lui assure la majorité absolue et lui permet de franchir l’épreuve du vote de confiance qui attend le nouvel exécutif.

Sur le plan de la continuité administrative, la nouvelle équipe ne marque pas de rupture. Il s’agit plutôt d’un exercice de continuité institutionnelle, puisque dix départements retrouvent leurs précédents titulaires, notamment des portefeuilles régaliens comme ceux de l’Intérieur, des Affaires étrangères ou encore de la Justice. Les ministres de l’Intérieur, des Affaires islamiques et des Affaires étrangères cumulent, à eux trois, 41 années de présence au gouvernement, une longévité qui illustre la stabilité ministérielle caractérisant les départements régaliens marocains depuis près d’une décennie. Ce maintien d’expérimentés aux postes clés offre aux services placés sous leur autorité une garantie de continuité dans la conduite des politiques publiques.

Parmi les changements notables, Faouzi Lekjaa, jusqu’ici ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, prend la tête du ministère de l’Économie et des Finances. Ce portefeuille sera aussitôt au cœur de l’action gouvernementale, puisqu’il pilotera l’élaboration du projet de loi de finances 2027 attendu avant le 20 octobre. Dix-sept personnalités issues du monde universitaire, de l’administration, de la politique ou du secteur privé font, quant à elles, leur première entrée dans des fonctions ministérielles, un afflux de responsables nouveaux qui impliquera une phase de prise en main des administrations. Le nouvel exécutif compte par ailleurs sept femmes, dont la cheffe du gouvernement elle-même, une première pour une femme à ce titre au Maroc.

Pour les acteurs du secteur public comme pour l’ensemble des opérateurs de l’État, l’essentiel se jouera désormais dans l’exécution: confirmer le vote de confiance avec cette majorité de 207 sièges, installer les équipes dans chaque département et tenir le délai fixé pour le budget, dès la première semaine d’exercice de ce gouvernement nouvellement constitué.

Questions-réponses

Quelle est la première échéance opérationnelle du nouvel exécutif marocain ?

Le projet de loi de finances 2027 doit être déposé au bureau de la Chambre des représentants avant le 20 octobre.

Qui pilote l'élaboration du projet de loi de finances 2027 ?

Faouzi Lekjaa, jusqu'ici ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, devient ministre de l'Économie et des Finances.

Quelle majorité la coalition gouvernementale dispose-t-elle ?

Elle totalise 207 sièges à la Chambre des représentants, ce qui lui assure la majorité absolue en vue du vote de confiance.

Quels portefeuilles maintiennent leurs titulaires précédents ?

Dix départements, notamment les portefeuilles régaliens comme l'Intérieur, les Affaires étrangères et la Justice, retrouvent leurs précédents titulaires, gage de continuité dans la conduite des politiques publiques.

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