Constance reprend les rênes du resort Le Chaland à Maurice

Un changement d'opérateur sous l'impulsion du propriétaire Currimjee Jeewanjee

Constance reprend les rênes du resort Le Chaland à Maurice

Le groupe hôtelier Constance reprend en main Le Chaland, un resort cinq étoiles situé sur la côte sud-est de l’île Maurice, et y impose sa marque d’exigence. Cette reprise en gestion illustre la manière dont un acteur majeur du secteur de l’hospitalité de luxe dans le triangle Maurice-Maldives-Seychelles exerce ses prérogatives de direction : évaluation des performances passées, décisions stratégiques du propriétaire et refonte des standards de service.

Le dossier relève d’abord d’une décision de gouvernance patrimoniale. Le site, construit à la fin de 2019, avait connu une première exploitation sous l’enseigne Anantara, appartenant au groupe thaïlandais Minor. Les résultats économiques n’ayant pas répondu aux attentes, le propriétaire des lieux, le Mauricien Currimjee Jeewanjee, a choisi de confier l’établissement à Constance pour lui donner un nouvel élan. Ce changement d’opérateur s’accompagne d’un diagnostic sans concession formulé par la nouvelle direction. « Je ne veux pas être méchant, mais rien n’était bon dans cet hôtel », affirme Jean-Jacques Vallet, directeur général de Constance, avant d’ajouter : « Le service est monté d’un cran. Nous sommes sur la très bonne voie. »

La transition s’est aussi jouée sur le terrain social et managérial. Les équipes du Canadien Gabriel Juneau, manageur de l’hôtel, ont repris les 228 salariés d’Anantara et porté les effectifs à 270. « Nous avons mis l’accent sur la formation du personnel pour installer très vite la culture de service de Constance », explique-t-il. Cette politique de formation constitue le levier principal par lequel la nouvelle direction entend transformer les pratiques internes. Le recrutement de talents issus d’autres établissements du groupe complète ce dispositif : le chef exécutif occupait auparavant le poste de numéro deux des cuisines du Lemuria, aux Seychelles.

Les décisions d’investissement traduisent la même logique de reprise en main. Un bar de plage et un espace de dégustation de vin, l’un des points forts du groupe qui importe chaque année 55 conteneurs de bonnes bouteilles, vont enrichir l’offre proposée aux clients. Côté infrastructures, les modifications restent mesurées. « Les toits du spa ont été repeints, et tous les coussins des chambres vont être changés », précise Gabriel Juneau. Les 164 chambres et suites ainsi que les 6 villas de luxe du site sont encore dans un bel état, ce qui a limité l’ampleur des travaux.

L’établissement mise par ailleurs sur une offre récréative structurée : une flotte de vélos sera mise à la disposition des clients, tandis que des sorties de découverte des fonds marins et des randonnées sont déjà proposées. Les possibilités de balades sont nombreuses dans cette partie de l’île, où l’on longe la côte de plage en plage, traverse des champs de canne à sucre et découvre une impressionnante forêt tropicale.

Pour asseoir sa position, la direction s’appuie aussi sur des arguments géographiques et commerciaux. Le resort se trouve à quelques minutes de l’aéroport, sur une côte réputée plus sauvage, ce qui facilite l’organisation de séjours combinés avec l’île Rodrigues, le paradis du kitesurf, située à une heure d’avion. Sur l’île, le groupe peut déjà s’appuyer sur des références prisées comme l’hôtel Le Prince et le resort Le Belle-Mare Plage, qui séduisent une clientèle très fidèle. Les dirigeants du groupe annoncent la couleur : Le Chaland doit atteindre le même niveau de qualité.

Reste à savoir si cette nouvelle gouvernance opérationnelle produira les résultats économiques que le précédent exploitant n’avait pas obtenus. Les tarifs affichés, à partir de 415 euros la nuit pour deux avec petit déjeuner, placeront l’établissement face à ses ambitions. Informations sur constancehotels.com.

Questions-réponses

Qui a décidé de changer l'opérateur du resort Le Chaland et pourquoi ?

Le propriétaire mauricien Currimjee Jeewanjee a pris cette décision après que les résultats économiques sous l'enseigne Anantara, du groupe thaïlandais Minor, n'ont pas répondu aux attentes.

Comment la nouvelle direction a-t-elle géré la transition sociale ?

Les équipes de Gabriel Juneau ont repris les 228 salariés d'Anantara et porté les effectifs à 270, en mettant l'accent sur la formation du personnel pour installer rapidement la culture de service de Constance.

Quels investissements ont été engagés dans l'établissement ?

Un bar de plage et un espace de dégustation de vin vont enrichir l'offre. Les modifications d'infrastructures restent mesurées : les toits du spa ont été repeints et les coussins des chambres vont être changés, les 164 chambres et suites et les 6 villas de luxe étant encore en bel état.

Quels atouts la direction invoque-t-elle pour asseoir sa position ?

La proximité de l'aéroport, une côte réputée plus sauvage, la possibilité de séjours combinés avec l'île Rodrigues, ainsi que les références du groupe sur l'île, l'hôtel Le Prince et le resort Le Belle-Mare Plage, avec des tarifs à partir de 415 euros la nuit pour deux avec petit déjeuner.