Faits d’hiver présentera sa 29e édition du 12 janvier au 7 février 2027 à Paris, dans trois départements d’Île-de-France et dans 16 lieux partenaires. Cette institution chorégraphique francilienne affiche une programmation de 46 représentations, dont 12 créations, alors même que la production chorégraphique se trouve particulièrement fragilisée. Ce contexte met à l’épreuve la capacité des structures culturelles à tenir leurs engagements en faveur de la création.
Le chiffre de 12 créations est présenté par l’organisation comme le signe d’un engagement durable du festival envers les auteurs vivants. Ce positionnement relève d’un choix éditorial assumé : faire circuler les œuvres sur le territoire, croiser les regards et faire dialoguer les générations, dans une danse où les parcours se rencontrent et où les sensibilités se répondent.
La question de la gouvernance artistique occupe une place centrale dans cette édition. Christophe Martin, qui assure pour la dernière fois la direction artistique du festival, ouvre largement les portes à l’émergence et aux lieux alternatifs. Ce choix de programmation fait se côtoyer nouveaux talents et figures confirmées, dans une démarche présentée comme un retour à l’esprit des débuts tout en laissant entrevoir de nouveaux horizons pour la structure.
Cette transition à la tête de la direction artistique intervient après près de trente ans de maillage territorial. Faits d’hiver a construit un réseau singulier sur la région francilienne, une continuité qui témoigne d’une attention constante portée à la pluralité des écritures chorégraphiques comme à celle des publics. La dispersion de la manifestation dans 16 lieux complices, répartis entre Paris et trois départements, illustre cette logique de coopération territoriale qui structure l’identité du festival.
La liste des chorégraphes programmés en 2027 donne la mesure de cette diversité. On y retrouve Mackenzy Bergile, Wayne Byars, Lyou Bouzon Simonet et Virgile Pellerin, Claude Brumachon, Joaquin Collado, Suzanne Degennaro, Hervé Diasnas, Malika Djardi, Emmanuel Eggermont, Marie-Jo Faggianelli, Héla Fattoumi, Peter Goss, Christine Gérard, Sylvain Groud, Leïla Ka, Samar Haddad King, Michael Incarbone et Max Gomard, Maya Kawatake Pinon, Caroline Lam, Nadejda Loujine, Mwendwa Marchand, Loïc Touzé, Alina Tskhovryebova et Lucas Resende, Georgey Souchette, Tumbleweed, Ann Van den Broek, Nadia Vadori-Gauthier, Louise Vanneste et Sati Veyrunes.
Les lieux d’accueil reflètent eux aussi l’étendue de ce réseau. L’édition 2027 se déploiera notamment à l’Atelier de Paris / CDCN, au Carré de Baudouin, au Carreau du Temple, au Centre culturel suisse, au Centre Wallonie-Bruxelles, au Colombier, à l’Espace 1789, au Générateur, au MAIF Social Club, à Malakoff scène nationale, à micadanses-Paris, aux Mains d’Œuvres, au Regard du Cygne, au Théâtre de la Bastille, au Théâtre de la Cité internationale et au Théâtre de Vanves.
Cette répartition entre institutions établies, scènes nationales et lieux alternatifs dessine la cartographie d’un festival qui a fait de la coopération entre structures son mode de fonctionnement. Pour une édition placée sous le signe d’une transition à la direction artistique, la capacité du festival à maintenir ce maillage et son niveau d’engagement envers la création constituera un indicateur de la solidité de son projet, dans un paysage de la production chorégraphique que l’organisation elle-même décrit comme fragilisé.