Un SMS pour tout annuler : les élus corses privés de Paris

Un report par SMS qui laisse les élus insulaires dans l'incertitude politique

Un SMS pour tout annuler : les élus corses privés de Paris

Les élus corses ont appris la nouvelle par un simple SMS. En milieu de matinée, les téléphones portables des membres de la délégation insulaire ont vibré : la réunion prévue le lundi 9 novembre à Paris avec Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, était ajournée. Pour ceux qui, apparemment, n’avaient pas réussi à être joints directement, le cabinet de la ministre a fait parvenir un message laconique, en mode télégramme, informant que le gouvernement était “contraint de reporter le comité stratégique prévu lundi, en raison des intempéries qui ont touché la Corse-du-Sud et qui nécessitent une pleine mobilisation des élus et du préfet dans l’île”. Avec, pour ultimes mots, une précision calendaire : “La réunion devrait être reprogrammée, jeudi 12 novembre. Un communiqué de presse suivra dans la journée.”

Pour les élus concernés, l’annonce est tombée comme un point d’interrogation de plus dans un dossier déjà lourd d’incertitudes. Car derrière ce report officiellement justifié par la tragique séquence d’intempéries qui a frappé l’Extrême-Sud de l’île, au-delà du terrible bilan humain, se dessine une réalité plus politique : la rencontre ne revêtait, quoi qu’il en soit, plus grand intérêt pour une partie de la délégation. Les nationalistes avaient d’ores et déjà décliné l’offre de la ministre, dans l’attente d’un “signal clair” du gouvernement.

Ce signal, ils le réclament au plus haut sommet de l’État depuis le clash survenu à la chambre haute. Après le rejet du projet de loi constitutionnelle au Sénat, une résolution signée par quatre des cinq groupes de l’Assemblée de Corse, à savoir Fà populu, PNC/Avanzemu, Core in fronte et Un’Altra strada, a été adoptée. Les principaux partisans d’une évolution statutaire vers l’autonomie avaient annoncé la couleur : il ne faudrait pas compter sur eux pour continuer à “palabrer” à Paris. On pouvait donc légitimement se demander de quoi la ministre allait bien pouvoir débattre, a fortiori en l’absence de ces interlocuteurs essentiels.

Vendredi pourtant, à trois jours du rendez-vous, Françoise Gatel n’était pas convaincue de ce qui semblait relever d’une évidence pour d’autres, et assurait maintenir la consultation. Un pas en avant, deux en arrière : l’embarras du gouvernement est palpable depuis quinze jours. À la manœuvre sur le dossier corse, la ministre se retrouve au pied du mur, tandis que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a d’autres chats à fouetter, pris entre la colère sociale et un budget 2027 à la peine.

Depuis l’examen du texte constitutionnel sur la Corse au Sénat, le torchon brûle entre le gouvernement et les élus insulaires. Pour les habitants de l’île qui suivent ce dossier de près, la question reste entière : quand, avec qui, pour quelle solution politique et pour quel horizon la discussion reprendra-t-elle ? La concertation remise à jeudi prochain ressemble davantage, à cet égard, à une bouteille jetée à la mer qu’à une issue de crise.

Pourtant, il faudra bien trouver le moyen de “sortir de l’impasse démocratique”, selon les mots de Gilles Simeoni, le conseiller exécutif en charge de l’autonomie, dans laquelle s’est enferrée la révision constitutionnelle. En attendant, les élus corses gardent leurs téléphones à portée de main, dans l’attente du communiqué de presse promis, et d’une éventuelle confirmation pour le jeudi 12 novembre.

Le détail de cette journée ajournée et de son report, sous réserve, peut être consulté dans l’article de Corse Matin : https://www.corsematin.com/article/politique/53994620770121/autonomie-la-reunion-des-elus-corses-a-paris-ajournee-et-reportee-sous-reserve-au-jeudi-12-novembre

Questions-réponses

Comment les élus corses ont-ils appris l'ajournement de leur réunion à Paris ?

Par un simple SMS envoyé en milieu de matinée par le cabinet de la ministre Françoise Gatel, à destination de ceux qui n'avaient pas réussi à être joints directement. Le message indiquait que le gouvernement était contraint de reporter le comité stratégique prévu le lundi 9 novembre, en raison des intempéries touchant la Corse-du-Sud.

Pourquoi la réunion n'avait-elle plus grand intérêt pour une partie de la délégation ?

Les nationalistes avaient déjà décliné l'offre de la ministre, dans l'attente d'un signal clair du gouvernement. Après le rejet du projet de loi constitutionnelle au Sénat, une résolution signée par quatre des cinq groupes de l'Assemblée de Corse (Fà populu, PNC/Avanzemu, Core in fronte et Un'Altra strada) avait été adoptée, et les partisans de l'autonomie avaient annoncé qu'ils ne compteraient plus palabrer à Paris.

Quelle nouvelle date est envisagée pour la réunion ?

Le SMS du cabinet ministériel indiquait que la réunion devrait être reprogrammée le jeudi 12 novembre, avec un communiqué de presse promis dans la journée. Les élus corses gardent leurs téléphones à portée de main dans l'attente de cette confirmation, le report restant sous réserve.

Quelle est la position de Gilles Simeoni sur la situation ?

Le conseiller exécutif en charge de l'autonomie estime qu'il faudra bien trouver le moyen de sortir de l'impasse démocratique dans laquelle s'est enferrée la révision constitutionnelle, alors que le torchon brûle entre le gouvernement et les élus insulaires depuis l'examen du texte au Sénat.